Éditions Didier, 2021
Compréhension de l'oral
B2
adultes

Des lieux abandonnés

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  1. a. Pourquoi le bâtiment du 59 rue de Rivoli a-t-il été abandonné ?

    • Parce que les artistes qui l'occupaient sont partis.
    • Parce que la mairie de Paris a décidé de le vendre.
    • Parce que la banque qui y était installée a fait faillite.
  2. b. Le bâtiment était un immeuble :

    • grand et élégant.
    • totalement délabré.
    • au style très original.
  3. c. À partir de 1999, le bâtiment devient :

    • un lieu d'exposition illégal.
    • un lieu de repos pour artistes.
    • un lieu de vente d'œuvres d'art.
  4. d. En 2000, pourquoi le lieu reste-t-il ouvert finalement ?

    • Car la préfecture attend l'arrivée du nouveau maire.
    • Car les personnes qui l'occupent demandent un délai.
    • Car les voisins signent une pétition contre sa fermeture.
  5. e. Aujourd'hui, ce lieu est :

    • une salle de spectacle.
    • un musée d'art moderne.
    • un lieu artistique reconnu.
  6. f. D'après le journaliste, le lieu est original car il permet :

    • de promouvoir Paris à travers les arts.
    • d'exposer des œuvres d'artistes peu connus.
    • de donner accès à la culture au plus grand nombre.
  7. 2. Associez les dates aux événements.

     Faillite du Crédit Lyonnais.Ouverture du squat d'artistes.Décision d'expulsion des artistes.Élection de Bertrand Delanoë comme maire de Paris.Début des travaux de rénovation du bâtiment.Ouverture du « 59 Rivoli ».
    1. 1991 :
    2. 1999 :
    3. 2000 :
    4. 2001 :
    5. 2005 :
    6. 2009 :
 Transcription 

– Fabien, vous allez nous raconter la fabuleuse histoire du « 59 Rivoli ». Alors, c'est quoi ce lieu ?

– Alors au 59 rue de Rivoli, à Paris, à l'origine, il y avait une banque, le Crédit lyonnais. Mais au début des années 1990, c'est la banqueroute pour le Crédit lyonnais et la banque doit donc abandonner son magnifique immeuble du 59 rue de Rivoli.

– Ça c'était en 1991, le départ du Crédit lyonnais. Et le bâtiment reste vide pendant 8 ans ?

– Oui, vous imaginez, en plein cœur de Paris, un immeuble entier, plusieurs centaines de mètres carrés, un bel immeuble en plus, un immeuble haussmannien totalement abandonné…

– Franchement, c'est rageant de voir ça !

– Oui, c'est sûr, c'était trop tentant pour les artistes. Et c'est comme ça que Gaspard Delanoë, Kalex et Bruno Dumont y installent illégalement en 1999 un squat d'artistes. Alors, le lieu est autogéré par un collectif, le collectif « Chez Robert, électrons libres ». Et de nombreux artistes viennent pour y présenter leurs œuvres. Le squat prend de l'ampleur.

– Oui, il y a quasiment 40 000 visiteurs dès la première année !

– Oui, c'est un beau succès, mais n'empêche, les artistes occupent l'immeuble sans autorisation et ils sont toujours menacés d'expulsion. En 2000, une décision judiciaire les oblige même à quitter les lieux : les squatteurs ont 8 mois pour évacuer l'immeuble. Bon, puis, finalement, la préfecture, qui voit que le squat accueille toujours autant de public, et puis que les habitants du quartier soutiennent le projet, bon ben ils se disent, « on va attendre les élections municipales qui arrivent avant de prendre la décision de fermer définitivement les lieux. »

– Et en 2001, Bertrand Delanoë est élu maire de Paris.

– Oui, voilà, en 2001, Bertrand Delanoë arrive et il s'engage à racheter l'immeuble. Il signe donc un accord avec les squatteurs. Alors d'abord de gros travaux sont entrepris, il faut réhabiliter les lieux, remettre tout aux normes. Donc les travaux commencent en 2005, ils durent 4 ans et le bâtiment rouvre en 2009.

– Donc 2009, fini le squat, et le bâtiment devient quasiment un musée !

– Oui, en tout cas, un lieu officiel, connu sous le nom de « 59 Rivoli », ou « 59 » pour les intimes ! On y trouve des ateliers d'artistes, des résidences d'artistes, une galerie d'art contemporain. Il y a même régulièrement des concerts. Et les visiteurs sont toujours au rendez-vous, il y en a 50 000 la première année !

– Le 59 n'a vraiment rien à envier au Centre Georges-Pompidou !

– Oui, c'est vraiment devenu un lieu renommé, même au niveau international. D'ailleurs, les artistes du 59 sont exposés un peu partout dans le monde.

– Donc on peut dire que les squatteurs ont réussi leur pari ?

– Oui, tout à fait, et même mieux en fait, le collectif d'artistes a créé un lieu vraiment original, avec un nouveau genre d'accès à l'art, plus intimiste, plus démocratique. Et c'est aussi un lieu qui permet de pallier, du moins en partie, la pénurie d'ateliers d'artistes à Paris.

– Merci Fabien, pour cette belle histoire !